MOZOM-analyse
Analyses MOZOM : crise des retours en Afghanistan, 2,7 millions de rapatriés ou nouveaux déplacements ?

- Source
- UN News, UNDP Afghanistan Socioeconomic Review, OCHA Humanitarian Action en UNHCR Operational Data Portal
- Titre MOZOM
- Analyses MOZOM : crise des retours en Afghanistan, 2,7 millions de rapatriés ou nouveaux déplacements ?
- Titre original
- L'Afghanistan, l'une des plus grandes crises de déplacement au monde
- Auteur
- la redaction de MOZOM.nl
- Date
- 7 juli 2026 om 00:40
- Sujet
- MOZOM étudie pourquoi le nouvel avertissement de l'ONU concernant l'Afghanistan ne concerne pas seulement les réfugiés, mais aussi la question de savoir si les retours massifs vers un pays pauvre, aride et limité peuvent être rétablis ou provoquer de nouveaux déplacements.
Résumé de l'article original
UN News a rapporté le 6 juillet 2026 que l'Afghanistan fait partie des plus grandes crises de déplacement au monde. Selon l'ONU à l'origine du message, quatre facteurs pèsent simultanément sur le pays : quatre décennies de guerre, une économie fragile, la sécheresse et les tremblements de terre, ainsi que des retours massifs d'Iran et du Pakistan. UN News mentionne 2,7 millions de rapatriés et se réfère à l'analyse du PNUD selon laquelle 74 pour cent de la population, soit environ 29 millions de personnes, ne peuvent pas satisfaire leurs besoins fondamentaux. Les données actuelles du HCR rendent ce flux plus concret : jusqu'au 27 juin 2026, l'OIM et le HCR ont enregistré 892 120 retours au total vers l'Afghanistan en 2026, dont plus de 531 800 depuis le Pakistan et 358 800 depuis l'Iran. Dans ce nombre, 353.620 expulsions ont été enregistrées. OCHA situe la crise dans une perspective encore plus large : 21,9 millions de personnes en Afghanistan auraient besoin d’aide d’ici 2026. Cela signifie que le retour n’est pas une reprise automatique. Il s'agit d'un test de pression pour l'eau, le logement, le travail, la documentation, les soins de santé, la protection et la stabilité locale.
Recherche de source propre
MOZOM a placé quatre couches de l'ONU les unes à côté des autres. La première couche est l’actualité du 6 juillet : l’Afghanistan est décrit par UN News comme l’une des plus grandes crises de déplacement. La deuxième couche est celle du PNUD : le retour n’est pas économiquement neutre, puisque près de cinq millions de personnes sont rentrées depuis 2023 tandis que trois Afghans sur quatre n’ont pas pu satisfaire leurs besoins fondamentaux en 2025. La troisième couche est celle d’OCHA : l’Afghanistan restera une crise humanitaire structurelle en 2026 avec 21,9 millions de personnes ayant besoin d’assistance et de pressions en matière de nourriture, de protection, d’eau et de santé. La quatrième couche concerne les données du HCR/OIM : rien qu’en 2026, 892 120 retours ont été enregistrés fin juin, dont 353 620 expulsions. Le propre de MOZOM est que le « retour » n’est pas ici un résultat politique complet, mais un transfert de pression sur les villages, les provinces frontalières et les familles qui n’ont souvent aucun tampon.
Frappant dans ce message
Le mot retour est frappant. Cela semble administrativement clair : quelqu’un quitte le pays A et arrive dans le pays B. Mais les chiffres de l’ONU montrent que le retour n’a de sens que s’il y a de la terre, de l’eau, du travail, des documents, des soins, une éducation et une protection. Sans ces conditions, le retour peut se transformer en déplacement secondaire : les gens rentrent officiellement chez eux, mais doivent ensuite déménager à nouveau car survivre localement n’est pas possible.
Contexte moins visible
Ce qui est moins visible, c’est que l’Afghanistan non seulement accueille des rapatriés, mais subit également les dégâts dus à la sécheresse, aux tremblements de terre, à la pauvreté, aux mines et aux restrictions des droits. OCHA décrit l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les restes explosifs de guerre comme des pressions constantes. Le PNUD évoque la fermeture ou la limitation de plus de 440 établissements de santé en raison du manque de financement et souligne le déclin de l'accès à une eau potable en quantité suffisante. Cela aiguise la question : quel rendement une région peut-elle générer avant que l’aide, l’économie locale et les relations sociales ne s’effondrent ?
Message possible derrière l'actualité
Un message possible est que la politique migratoire ne se limite pas à la fermeture des frontières ou à l’organisation des retours. La lecture la plus précise : si les zones d'accueil manquent de services de base, le retour peut être un succès statistique pour le pays de départ et en même temps une nouvelle crise pour le pays d'arrivée.
Conclusion neutre
La conclusion neutre : des sources de l'ONU avertissent que l'Afghanistan restera l'une des plus grandes crises de déplacement et de retour au monde d'ici 2026. La conférence du MOZOM : le retour ici n'est pas une réponse simple à la migration, mais un test pour savoir si un pays appauvri et frappé par la sécheresse peut absorber des millions de personnes sans provoquer de nouveaux déplacements.