MOZOM-analyse
Identification numérique européenne : portefeuille volontaire ou raccourci vers la coercition pratique

- Source
- EUR-Lex, Europese Commissie, EDRi, epicenter.works, Mozilla, EFF en EHDS-bronnen
- Titre MOZOM
- Identification numérique européenne : portefeuille volontaire ou raccourci vers la coercition pratique
- Titre original
- L’identité numérique européenne promet le caractère volontaire et la confidentialité, mais les critiques craignent une réelle dépendance
- Auteur
- Ron Caroselli
- Date
- 12 juli 2026 om 03:36
- Sujet
- MOZOM étudie si le portefeuille européen d’identification numérique n’est qu’une clé volontaire de commodité ou une infrastructure qui pourrait ultérieurement devenir nécessaire via les banques, les plateformes, les systèmes de santé et les guichets gouvernementaux.
Résumé de l'article original
L'identité numérique européenne, souvent appelée EUDI Wallet, fait partie du règlement (UE) 2024/1183. La Commission européenne écrit que le règlement est entré en vigueur le 20 mai 2024 et que les États membres doivent mettre au moins un portefeuille d'identité numérique européen à la disposition des citoyens, des résidents et des entreprises d'ici 2026. La promesse officielle est claire : les citoyens gardent le contrôle des données, ne partagent que ce qui est nécessaire et l'utilisation du portefeuille doit être volontaire et gratuite pour les personnes physiques. Dans le même temps, le cadre oblige les États membres à le déployer et oblige certains acteurs publics et privés à accepter le portefeuille. C'est là que la tension commence : légalement, l'utilisation est volontaire, mais dans la pratique, le système peut devenir plus important une fois que les banques, les télécommunications, les grandes plateformes, l'accès aux soins de santé, l'éducation, les voyages et les guichets gouvernementaux considèrent le portefeuille comme la voie la plus simple.
Recherche de source propre
MOZOM distingue trois questions. Premièrement : l’UE est-elle légalement autorisée à faire cela ? La réponse est nuancée mais pas simple, non. L'UE n'est pas un État, mais un règlement de l'UE est contraignant et directement applicable dans les États membres en vertu de l'article 288 du TFUE lorsqu'il est adopté dans le cadre des compétences de l'UE. Les États membres ne peuvent pas simplement refuser parce que l’UE n’est pas un pays. Deuxièmement : le portefeuille est-il obligatoire pour les citoyens selon la loi en vigueur. Non, la loi présente l'usage comme volontaire et gratuit pour les personnes physiques. Troisièmement : cela peut effectivement éroder le caractère volontaire plus tard. Oui, c’est le principal risque. Un système peut être formellement volontaire, alors qu'en pratique la non-participation devient plus coûteuse, plus lente ou plus difficile.
Frappant dans ce message
Il est frappant de constater combien de fois les nouvelles infrastructures numériques commencent par des mots tels que volontaire, gratuit, sûr et pratique. Ces paroles sont peut-être vraies au premier jour, mais elles ne répondent pas à la question la plus importante du pouvoir. Qui décidera plus tard quels services resteront facilement accessibles sans portefeuille ? Si la file d'attente rapide est numérique et la file d'attente papier disparaît lentement, la liberté de choix change sans qu'il soit nécessaire d'imposer une peine d'obligation sévère.
Contexte moins visible
Ce qui est moins visible, c’est que l’identification numérique n’est pas distincte des autres projets de numérisation de l’UE. L’euro numérique, la vérification de l’âge, les règles des plateformes, le système européen Health Data Space et les exigences d’identité dans les banques ou les services en ligne sont des dossiers juridiquement différents. Il ne s’agit pas encore d’un système de contrôle individuel éprouvé. Mais ils peuvent aller dans la même direction : de plus en plus d’accès sociaux deviennent numériques, vérifiables, connectables et dépendants d’infrastructures acceptées. C’est précisément pour cette raison que l’exigence du volontariat est non seulement juridique, mais aussi pratique.
Message possible derrière l'actualité
Un message possible est que l’UE donne aux citoyens une clé numérique sécurisée. La leçon essentielle de MOZOM est qu'une clé peut également devenir une porte : celui qui gère la porte déterminera plus tard avec quelle facilité les citoyens peuvent entrer sans cette clé.
Conclusion neutre
Conclusion préliminaire : selon le droit actuel, l’identification numérique européenne ne constitue pas une obligation civique directe et tous les scénarios catastrophe ne sont pas aujourd’hui solidement prouvés. Mais les préoccupations concernant l’élargissement des fonctions, la coercition pratique, la biométrie, la traçabilité et la liaison avec d’autres fichiers numériques sont suffisamment réelles pour être prises au sérieux. Le problème n’est pas seulement ce que Bruxelles promet aujourd’hui, mais ce que les infrastructures rendront possible demain.
Source:
- EUR-Lex: Regulation (EU) 2024/1183 establishing the European Digital Identity Framework
- European Commission: Digital Identity Regulation enters into force
- European Commission: Security and Privacy in the EU Digital Identity Wallet
- EDRi: The eID Wallet still does not deserve your full trust
- Cryptographers' feedback on the EUDI Architecture and Reference Framework
- Mozilla: Behind the scenes of eIDAS Article 45
- European Commission: European Health Data Space
- EUR-Lex: Regulation (EU) 2025/327 on the European Health Data Space
- EUR-Lex glossary: EU regulations are binding and directly applicable