MOZOM-analyse
Le CREEP UE-Bruxelles : protection de l?enfance ou surveillance de masse par la porte de service ?

- Source
- Europees Parlement, Raad van de EU, EUR-Lex, Europese Commissie, EDPS/EDPB, Euronews, CDT, Patrick Breyer en kinderveiligheidsorganisaties
- Titre MOZOM
- Le CREEP UE-Bruxelles : protection de l?enfance ou surveillance de masse par la porte de service ?
- Titre original
- Le Parlement européen autorise le maintien de l'exception temporaire à l'ePrivacy pour la détection volontaire des contenus CSAM après que le rejet n'ait pas atteint la majorité absolue
- Auteur
- la redaction de MOZOM.nl
- Date
- 18 juli 2026 om 06:24
- Sujet
- MOZOM analyse Chat Control, l'exception temporaire ePrivacy et la proposition permanente de l'UE sur la maltraitance des enfants en ligne comme une question de pouvoir : cela protège-t-il les enfants, ou Bruxelles normalise-t-elle une infrastructure de numérisation qui pourra être étendue ultérieurement ?
Résumé de l'article original
En juillet 2026, le Parlement européen a voté l’exception temporaire ePrivacy qui permet aux prestataires de rechercher volontairement des CSAM, ou matériels d’abus sexuels sur enfants. Une majorité de députés votants ont souhaité rejeter la ligne du Conseil : 314 ont voté pour le rejet, 276 contre et 17 se sont abstenus. Mais cela ne suffisait pas, car le rejet formel à ce stade nécessitait une majorité absolue de tous les députés : 360 voix. Cela a permis de maintenir l'arrangement temporaire. Les critiques appellent cela le Chat Control par la porte latérale. Les partisans soulignent les victimes réelles, les signalements aux services d'enquête et le risque que la détection soit perdue. Le noyau juridique demeure : si la communication cryptée de bout en bout n’est pas vraiment exemptée, le système s’oriente techniquement vers une analyse côté client, c’est-à-dire une analyse sur l’appareil avant qu’un message ne soit crypté. Le cryptage n’est alors pas rompu, mais le message privé a déjà été consulté avant d’être verrouillé.
Recherche de source propre
MOZOM a mis les chronologies côte à côte. En 2021, le règlement (UE) 2021/1232 a été introduit, une exception temporaire à l'ePrivacy pour la détection volontaire des abus sexuels sur enfants en ligne. En 2022, la Commission européenne a présenté COM(2022) 209, la proposition CSAM permanente avec mandats de détection. En 2023, le Parlement européen a cherché à limiter les risques de scanning les plus graves et à renforcer la protection des communications cryptées de bout en bout. Le dossier est revenu revenu devant le Conseil à plusieurs reprises en 2024 et 2025, avec de larges critiques sur l'analyse, le cryptage et l'analyse côté client conduisant à des reports et à des compromis. Le 26 novembre 2025, le Conseil a pris position sur une loi permanente modifiée. En juillet 2026, la dérogation temporaire a de nouveau été soumise au processus. Il n’y a donc pas eu cinq votes identiques, mais au moins cinq moments politiques décisifs au cours desquels la même question d’analyse a été remise sur la table. Ce qui est frappant à propos de juillet 2026, c'est la procédure : la plupart des membres votants voulaient rejeter la ligne du Conseil, mais comme il n'y a pas eu 360 voix contre, le processus s'est poursuivi. Ce moment, juste avant la période estivale, était procéduralement favorable à la ligne du Conseil. Aucune preuve concrète n’a été trouvée dans les sources publiques d’une planification tactique délibérée ; l'effet était là.
Frappant dans ce message
Le cadre de la « protection de l’enfance » est puissant car personne ne peut prendre au sérieux le matériel abusif. Résultat : le débat évolue rapidement : ceux qui sont contre le scanning semblent être contre la protection. Mais la vraie question n’est pas de savoir si les enfants doivent être protégés. La vraie question est de savoir si la protection peut normaliser une couche d’analyse technique qui pourra ensuite être utilisée pour d’autres catégories.
Contexte moins visible
Ce qui est moins visible, c’est que l’analyse côté client franchit une ligne différente de la modération classique de la plateforme. Avec la modération classique, une plateforme examine les publications publiques ou le contenu déjà présent sur son serveur. Avec l'analyse côté client, le logiciel installé sur l'appareil lui-même examine le message avant de le chiffrer. Cela affecte la confidentialité des communications à la source. Une fois qu’un tel système sera standard dans les applications de messagerie, les téléphones, les tablettes, les ordinateurs portables et les systèmes cloud, un futur gouvernement ou législature pourra élargir les catégories. Aujourd'hui CSAM ; le terrorisme demain; puis les discours de haine, l'extrémisme, la désinformation, les droits d'auteur, le commerce interdit ou les « contenus socialement préjudiciables ». Dans un scénario plus sombre, la même infrastructure peut être déployée contre des menaces politiques, des rassemblements, des préparations de manifestations ou des réseaux qualifiés d’antidémocratiques. C’est exactement le risque du CREEP : non pas la promesse d’aujourd’hui, mais la puissance qui sera techniquement prête demain.
Message possible derrière l'actualité
Le message visible de Bruxelles est la protection des enfants. La lecture critique de MOZOM est que la même voie crée un précédent : une fois que les messages privés seront autorisés à passer par les portes d'analyse, la prochaine bataille politique ne sera plus de savoir si de telles portes d'analyse existent, mais quelles catégories devraient les franchir.
Conclusion neutre
La conclusion : Chat Control est digne d’intérêt sur le plan juridique et social car il ne s’agit pas seulement de maltraitance d’enfants, mais aussi de l’architecture du pouvoir numérique. Le vote de juillet 2026 montre à quel point une majorité des députés votants peut encore s’avérer insuffisante alors que la procédure requiert la majorité absolue de tous les membres. C’est légal dans le cadre des règles, mais politiquement sensible. Le fichier indique également la fréquence à laquelle le même problème d'analyse se reproduit jusqu'à ce qu'une compromission, une extension ou une ouverture procédurale devienne possible. L’affirmation selon laquelle Bruxelles veut déjà écouter les opposants politiques n’est pas prouvée. D’un autre côté, l’avertissement selon lequel une infrastructure d’analyse une fois intégrée peut ensuite être étendue pour inclure le terrorisme, les discours de haine, l’extrémisme, la désinformation, les droits d’auteur, le commerce interdit, la préparation de manifestations ou les étiquettes de sécurité politique est réel. C’est précisément pourquoi la ligne doit être tracée dès maintenant : la protection de l’enfance ne doit pas devenir une porte d’entrée vide vers une surveillance de masse par une porte latérale.
Source:
- Europees Parlement: stemming over beperktere ePrivacy-derogatie
- Raad van de EU: tijdelijke maatregel tegen online seksueel kindermisbruik herstellen
- Raad van de EU: positie over permanente CSAM-wet, 26 november 2025
- EUR-Lex: Regulation (EU) 2021/1232, tijdelijke ePrivacy-derogatie
- Europese Commissie: COM(2022) 209, voorstel CSAM-verordening
- EDPB/EDPS: Joint Opinion 04/2022 over het CSAM-voorstel
- EDPS: Opinion 7/2026 over verlenging van Regulation 2021/1232
- Euronews: Chat Control 1.0 through the back door
- Center for Democracy & Technology: kritiek op mass scanning en procedure
- Patrick Breyer: kritische tijdlijn en stemanalyse Chat Control